Le Gray et le papier ciré sec

 

Biographie sélective de l'inventeur :

 

            Bien peu d'ouvrages possèdent une biographie détaillée et complète de Gustave Le Gray. Le document le plus abouti  à ce sujet est sans nul doute l'unique monographie existante à ce jour sur l'artiste, réalisée par Eugénia Parry Janis en 1987[1]. Catalogue de l'exposition qui s'est tenue du 18 septembre au 6 décembre 1987 à Chicago, et du 4 juin au 16 août 1987 à New York, il fournit un grand nombre de détails historiques sur la vie du photographe. Cependant, nous nous sommes plus attaché dans cette biographie à faire ressortir la chronologie des recherches photographiques de Le Gray qu'à détailler sa vie le plus précisément possible.

 

 

1820 :  Naissance de Jean Baptiste Gustave Le Gray le 30 août à Villiers-le-Bel, en Seine et Oise. Son père Jean Martin Le Gray, propriétaire foncier, a alors 51 ans, et sa mère Catherine Eulalie Gay, 35 ans. Le couple possède un second logement au 10, rue de la Grande Truanderie à Paris.

 

1839 : Durant l'année. Le peintre Paul Delaroche rédige, à la demande de François Arago, un rapport sur le daguerréotype[2]. Le Gray ainsi que Le Secq, Nègre, Fenton et Bacot commencent à suivre des cours de peinture dans l'atelier de Delaroche à l'Institut de France. Le Gray aurait étudié dans l'atelier de Picot avant celui de Delaroche[3].

 

1841 : Février. En Angleterre, Fox Talbot rend public son procédé calotype, le 5. Il dépose un brevet le 8 : "Patent No 8842 : Improvements in Obtaining Pictures, or representations of objects". En France, le brevet est déposé le 20 août 1841.

1843 : Juin. Le Gray quitte la France pour un voyage de plus de un an en Italie et en Suisse.

Delaroche cesse son activité de professeur de peinture, suite à la mort accidentelle d'un élève lors d'un bizutage. Il part lui aussi en Italie, étudier la peinture religieuse.

 

1844 : Mai. Le 11, Le Gray se marie en Italie avec une romaine, Palmira Leonardi.

Juillet. Le couple regagne la France le 16.

 

1845 : Mai. Naissance de la première fille de Le Gray, Elvira, le 29.

 

1846 : Août. Naissance de la seconde fille de Le Gray, Elvira, le 2. La similitude des prénoms indiquerait une mort possible du premier enfant avant cette date.

 

1847 :  Octobre. La famille Le Gray emménage à Paris au 27, quai des Grands Augustins.

Durant l'année. Le Gray et François Arago, alors directeur de l'observatoire de Paris, tentent de photographier des tâches solaires sur une plaque daguerrienne. Cette expérience peut représenter les premiers signes d'intérêt pour la photographie de la part de Le Gray[4].

Blanquart-Evrard reprend les travaux de Fox Talbot sur le calotype et introduit le négatif papier en France.

 

1848 :  Mai. Selon Charles Baucal, Le Gray utilise déjà le collodion sur verre.

Juin. Il semblerait que Le Gray mette au point pour la première fois son papier ciré sec avec ses amis Henri Le Secq, Mestral et quelques autres, en se photographiant[5]. Ces tentatives nous ont fourni les rares portraits connus de l'artiste pendant sa jeunesse.   

Durant l'année. Le Gray commence à enseigner la photographie.

 

1849 :  Septembre. Le Gray perd sa seconde fille le 10, suite à une épidémie de choléra.       

Durant l'année. Le Gray emménage au 110, boulevard Richelieu.

Le Gray pourrait déjà avoir ouvert un laboratoire important situé au 7, chemin de Ronde de la Barrière de Clichy à Paris, et y dispenser ses cours de photographie. Cependant, l'année n'est pas certaine ; on pourrait avancer 1850. Selon l'historien Joseph Maria Eder, Poitevin aurait persuadé Le Gray d'ouvrir ce laboratoire[6].

Le Gray commence à photographier en forêt de Fontainebleau. Ses prises de vues sont réalisées entre 1849 et 1856[7].

 

1850 : Juin. Le Gray publie son premier traité de photographie, Traité pratique de photographie sur papier et sur verre, chez Baillière, à Paris. Celui-ci contient le mode de préparation du négatif papier tel que Blanquart-Evrard l'avait détaillé dans son traité de 1847, avec quelques modifications de formules, Le Gray déconseillant entre autre l'emploi du bromure de potassium au profit de l'hyposulfite de soude, pour l'opération de fixage. Le traité contient aussi la méthode de fabrication de l'épreuve positive, et un bref appendice sur les recherches de Le Gray sur la photographie sur verre. Ce paragraphe est l'une des rares traces écrites de l'antériorité des recherches de Le Gray, en regard de celles de Scott Archer, au sujet de la photographie au collodion humide.

Le Gray conseille par ailleurs dans ce traité de rajouter du chlorure d'or dans le fixateur des épreuves positives, pour donner une coloration à l'image : "J'obtiens aussi de fort jolis tons veloutés en mettant, au sortir de l'hyposulfite, l'épreuve sur un bain de sel d'or, un gramme de sel d'or dans un litre d'eau" (p.22). Selon Weston J. Naef, les formules de Le Gray sont trop acides et échouent en pratique, alors que les solutions alcalines de Blanquart-Evrard donnent des résultats corrects[8]. Ces recherches sur le fixage seront poursuivies par Davanne et Girard en 1864, par de Valicourt etc.

 

 

1851 :  Janvier. Le Gray est membre fondateur de la Société Héliographique.

Février. Le Gray dépose un pli à l'Académie des Sciences relatif au nouveau procédé du papier ciré sec le 25. Le compte-rendu et la publication ne sont réalisés que le 8 décembre[9].

Dans un article du premier numéro de La Lumière, Francis Wey débute sa carrière de critique photographique en évoquant le refus des neuf "dessins sur papier" de Le Gray au dernier Salon de la peinture de décembre 1850[10].

Mars. Scott Archer publie son procédé de photographie au collodion humide dans The Chimist. L'historien Joseph Maria Eder fait part d'une querelle entre Le Gray et Archer, pour obtenir la reconnaissance de la paternité du procédé. En effet, Le Gray évoque ce problème dans son traité de 1851, Archer faisant de même dans de nombreux articles, notamment dans  The Liverpool and Manchester photographic Journal[11].

Un article de La Lumière rapporte une discussion au sujet des papiers, lors de la séance du 21 mars 1851 à la Société Héliographique. Le Gray y insiste sur "l'effet désastreux des acides dans la préparation du papier", et donne sa préférence aux papiers anciens, plus consistants que les papiers actuels[12]. On voit donc que les membres de la Société Héliographique prennent conscience de l'inadaptation des papiers français du commerce aux différents procédés de photographie.

Romain, le fils de Le Gray, naît à Paris le 9 mars.

Avril. Durieu évoque dans un article de La Lumière l'encollage préalable de Le Gray qui permet de compenser les défauts des papiers actuels[13].

Dans le même numéro, page 43, Le Gray publie un grand article, De l'état actuel de la photographie, et des perfectionnements restant à y apporter, dans lequel il dévoile la formule de l'ioduration du papier ciré sec, avant la publication de son deuxième traité.

Dans le numéro suivant de La Lumière, un mystérieux Fabre, de Romans, fait part d'un procédé de papier ciré, à l'albumine. L'idée est de substituer au verre un papier préalablement ciré, pour obtenir des performances identiques à celles du procédé de négatif sur verre albuminé de Niépce de Saint-Victor[14].

Juillet. Le Gray publie son deuxième traité, Nouveau traité théorique et pratique de photographie sur papier et sur verre, chez Lerebours et Secretan. Celui-ci inclut la méthode de fabrication du papier ciré sec, ainsi que la préparation de l'épreuve positive. Il ne contient pas encore de chapitre sur la photographie au collodion.

Daguerre meurt le 10 juillet à Bry-sur-Marne.

Décembre. Le Gray, dans un article de La Lumière, communique ses formulations pour le papier ciré sec, avec des dosages différents que ceux présents dans son dernier traité. Ces dosages seront repris dans le traité de 1852[15].

Durant l'année. Le Gray est nommé par la commission des monuments historiques pour participer à la Mission Héliographique. Il part d'Orléans avec un de ses élèves, Olivier Mestral, photographiant de la vallée de la Loire jusqu'au Poitou. Il couvrira huit départements. Durant le voyage, il teste le papier ciré sec[16]. Cent vingt épreuves et cent seize négatifs des deux hommes sont recensés dans les registres des Archives de la commission des monuments historiques[17].

Des notes de Le Gray attestent que le photographe commence à utiliser son procédé de papier ciré sec entre les années 1848 et 1849[18].

 

1852 :  Février. Dans une lettre à La Lumière, Fabre revendique la paternité du papier ciré, et attaque ouvertement Le Gray[19]. Dans le même numéro se trouve le compte-rendu de la séance du 18 avril 1851 à la Société Héliographique, page 28, au cours de laquelle Le Gray a exposé sa méthode du papier ciré sec.

Dans le numéro suivant de La Lumière, une lettre de Le Gray est publiée dans laquelle il explique que lui, le premier, a fait part du procédé de papier ciré sec, et que par conséquent Fabre n'en est pas l'inventeur[20].

Juin. Le Gray revendique, dans un article de La Lumière, la paternité du négatif sur verre au collodion[21].

Juillet. De Brébisson répond à cet article, en minimisant les recherches de Le Gray sur le collodion et en reconnaissant la paternité du procédé à Scott Archer, dans La Lumière du 10 juillet, page 116.

Septembre. La troisième édition du traité est publiée, Traité nouveau théorique et pratique des procédés et manipulations sur papier sec – humide sur verre au collodion – à l’albumine . La partie traitant de la photographie sur verre est plus développée que dans les traités antérieurs. Le Gray communique dans ce traité une liste des noms les plus remarquables de ses élèves : Vicomte Vigier, Comte Olympe Aguado, Mestral, Le Secq, Sauveur, Girard, Benjamin Delessert, Comte d'Haussonville, Avril, Piot, Peccarère et Du Camp[22]. Le Gray  affiche aussi, au fil du texte son opposition à Blanquart-Evrard, qui a ouvert depuis septembre 1851 une imprimerie photographique et inventé une méthode de tirage, lui permettant une grande rapidité d'exécution[23].

Durant l'année. Le Gray photographie les galeries du Salon de Paris.

Le Gray réalise un portrait de Napoléon III, alors que celui-ci n'est pas encore empereur (l'année de la prise de vue n'est pas certifiée mais estimée). Le tirage de cette photographie, intitulée "le Prince-Président songe à l'Empire", est réalisée sur papier salé au format 20,3x14,4 à partir d'un négatif papier. Cette image va préfigurer l'usage des portraits photographiques dans la France du second Empire[24]. La production de portraits de Gustave Le Gray est cependant très en deçà de ses thèmes favoris que sont le paysage et l'urbanisme.  Certains critiques s'accordent d'ailleurs à trouver ses portraits trop rigides, d'une composition  trop statique[25]. Il faut noter que cette activité lui a surtout servi à vivre.

 

1853 :  Décembre. Naissance d'une fille, Berthe, le 17.

Marc Antoine Gaudin, dans un article de La Lumière, raconte sa visite dans l'atelier de Le Gray, barrière de Clichy[26].

Durant l'année. Le Gray fait partie avec Edouard Baldus, Victor Laisné, Henri Le Secq, les frères Bisson et Louis Georges des photographes portraitistes choisis pour illustrer, à partir de 1853, les textes biographiques regroupés de "l'Histoire des artistes vivants", de Théophile Sylvestre. Ce projet trop ambitieux ne rencontra que peu de succès[27].

 

1854 :  Mai. Publication de la quatrième et dernière édition du traité de Le Gray, dans lequel le photographe reprend en grande partie ses anciens textes.

Novembre. Le Gray est membre fondateur de la Société française de photographie, qui est fondée le 15. Il fait partie du comité d'administration.

Durant l'année. Le Gray se lie d'amitié avec Nadar. Le célèbre portraitiste consacre un large paragraphe dans son livre Quand j'étais photographe à la vie de Le Gray et prouve à travers ces lignes son attachement et son estime à un photographe qui n'eut pas autant d'esprit d'initiative que lui[28].

Pendant l'été, Le Gray et Stéphane Geoffray (auteur d'un ouvrage sur le problème des papiers en photographie) établissent une correspondance dans les pages de La Lumière, au sujet du procédé de négatif papier de Geoffray[29].

 

1855.   Février. Le 16 a lieu l'élection des membres du Comité d'administration à la Société Française de Photographie. Le Gray est élu ainsi que quatorze autres personnes, dont Durieu, Périer, de Molard et Bayard[30].

Septembre. Naissance d'un second fils à Paris.

Décembre. Le Gray à Toulon photographie le retour de la flotte de l'amiral Bruat.

Durant l'année. M. Marion, dans une lettre envoyée à la Société Française de Photographie, explique le mode de préparation du papier ciré et encollé qu'il commercialise. Il utilise pour le préparer une grande partie des indications de Le Gray[31].

 

1856 :  Avril. Le Gray transfère son laboratoire et studio au 35, boulevard des Capucines à Paris. 

Juin. Le Gray peint des paysages et photographie au collodion humide des marines en Normandie.

Novembre. Le photographe obtient une médaille de première classe à l'Exposition Universelle, à Bruxelles.

La deuxième exposition de la Société française de photographie a lieu 35 boulevard des Capucines, dans l'immeuble abritant le studio de Le Gray (du 15 novembre 1856 au 16 janvier 1857). Selon Eugénia Parry Janis, Le Gray y présente un tirage réalisé en 1848 à partir d'un négatif sur verre au collodion, représentant le studio de Jean Léon Gérôme[32].

Décembre. Le Gray expose pour la première fois ses marines, à Londres. Il y rencontre un franc succès.

Durant l'année. On trouve cette dénomination professionnelle[33] de Le Gray : "Gustave Le Gray, peintre d'histoire et photographiste, portraits sur papier, reproduction de tableaux, vues de France et objets d'art, imprimerie photographique et leçons de photographie, Chemin de ronde de la barrière de Clichy, 7."

Des photographes commencent à appliquer la technique du collodion sec ou humide au papier. L'avantage de cette méthode est de contourner les inconvénients du négatif sur verre, et d'éliminer le grenu du papier ciré sec. On décolle même la couche image de la plaque de verre pour la fixer sur du papier[34].

 

1857 :  Avril. Le Gray commence ses prises de vue de marines au collodion humide, sur la côte méditerranéenne. Tous les auteurs ne sont pas unanimes pour certifier que Le Gray a utilisé pour ses tirages photographiques deux négatifs. Cependant, il paraît peu probable que la Grande Vague à Sète ait été réalisée avec un seul négatif, étant donné la forte différence de luminances entre le ciel et la mer, et la grande sensibilité du collodion dans le bleu, donc dans le ciel[35]. La confusion vient aussi du fait que Le Gray utilise la méthode du double négatif[36] au cas par cas, et que parfois il préfère sous-exposer la mer (ou la plage) pour obtenir des formations nuageuses bien visibles.

Août. Grâce au double mécénat du comte de Briges et du marquis de Briges, Le Gray peut créer une enseigne professionnelle Le Gray et Cie[37].

Septembre/Octobre. Le Gray réalise un reportage sur l'entraînement de la Garde impériale au camp militaire de Châlons-sur-Marne. Suite à celui-ci, il créé une série limitée d'albums photographiques, dont certains seront offerts à l'Empereur et à quelques généraux.

Durant l'année. Dans un article du bulletin de la Société Française de Photographie, Shaw Smith explique que pour son procédé de négatif papier par voie humide, il sélectionne le papier et la formulation de l'ioduration en fonction de la température ambiante[38].

 

1858 :  Mars. Le 11, Le Gray photographie une éclipse de soleil à Paris.

Durant l'année. Le Gray est nommé secrétaire à la Société Française de Photographie.

 

1859 :  D'avril à juillet. Pour la première fois, la photographie est acceptée au Salon de la peinture. La troisième exposition de la Société Française de Photographie occupe donc les même locaux du Salon, au Grand Palais à Paris. Le Gray expose une quarantaine de photographies, dont treize provenant de son reportage au camp de Châlons.

 

1860 :  Février. Le 8, l'enseigne Le Gray et Cie est dissoute.

Mai. Le 9, Le Gray quitte Marseille à bord de l'Emma, pour une longue croisière en Méditerranée organisée par Alexandre Dumas.

Juin. L'équipage arrive à Palerme, après le soulèvement des siciliens contre le roi François II. Le Gray y photographie les destructions de la guerre et réalise les portraits de quelques généraux. Dumas se lie d'amitiés avec le chef sicilien Garibaldi. Le Gray continue son périple jusqu'à la fin de l'année, en visitant Alexandrie, le Liban, la Syrie. En novembre à Damas, il chute de cheval et se casse la jambe.

Juillet. L'atelier de Le Gray au 35, boulevard des Capucines est repris par le photographe Alophe.

 

1861 :  Durant l'année. Le Gray vit probablement en Egypte, à Alexandrie depuis avril. Du fait de ses absences à la Société française de photographie, il est remplacé par P. Gaillard.

Le Gray envoie d'Egypte des documents et des photographies pour Le Monde Illustré, notamment la photographie du prince Saïd Pacha de retour de la Mecque.

 

1864 :  Durant l'année. Le Gray quitte Alexandrie pour le Caire.

 

1865 :  Durant l'année. Le Gray travaille à la cour de Ismaël Pacha, vice-roi d'Egypte. Il donne des cours de dessin à l'école du Caire, et des leçons aux princes Tewfik, Hussein et Ibrahim, au minimum jusqu'à l'année 1869[39].

 

1867 :  Durant l'année. Le Gray envoie des photographies d'Egypte, pour l'Exposition Universelle de Paris. Entre 1867 et 1868, il réalise un album photographique composé à l'origine d'une cinquantaine de photographies, qu'il intitule Voyages dans la Haute-Egypte de L. L. Altesses les princes héréditaires fils de S. A. Ismaël Pacha, vice-roi d'Egypte exécutés dans les années 1867-1868 et photographiés par Gustave Le Gray.[40] Grâce à la forte lumière d'Egypte, Le Gray réussit à obtenir des contrastes très élevés sur ses négatifs papier.

 

1882 : Le Gray meurt au Caire, relativement pauvre. Les vingt dernières années de sa vie sont peu connues, et on trouve souvent dans la littérature plusieurs dates relatives à son décès[41].

 

 

Expositions[42]

 

1849     Produits de l'industrie, Paris.

1851     Exposition Universelle, Londres.

1852    Crystal Palace, Londres.

1854     Salon, Paris.

1855    Société Française de Photographie, Exposition Universelle, Paris.

1856     Exposition universelle, Bruxelles, Londres.

1857     Société Française de Photographie.

1858    Photographic Society of Scotland, Edimburgh, Londres.

1859     Société Française de Photographie.

1861    Expositions à Londres, Marseille.

1862        Exposition à Amsterdam.

1867        Exposition Universelle, Paris.

 

 



[1] Eugénia Parry Janis,  The photography of Gustave Le Gray , The Art of Institute of Chicago and the University of Chicago Press, Chicago, 1987. On se référera à la biographie de Le Gray fournie dans cet ouvrage (pp. 168-174) pour les détails de la vie de l'artiste.

[2] "La relation de Delaroche à la photographie était compliquée, non dénuée d'antagonisme ; bien au-delà de ce que reflète le rapport officiel dont il fut chargé, elle s'exprime dans sa célèbre remarque : "la peinture est morte à dater de ce jour"." Stephen Bann, Paul Delaroche. Un peintre dans l'Histoire, Réunion des musées nationaux, Paris, 1999, p. 27.

[3] Weston J. Naef, Regards sur la photographie en France au XIXe siècle. 180 chef-d'œuvres de la Bibliothèque Nationale, Berger-Levrault, Paris, 1980, n. p.

[4] Eugénia Parry Janis, The art of french calotype, with a critical dictionnary of photographers, 1845-1870, Princeton University Press, Princeton, 1983, p. 203.

[5] "A dated photograph depicting Le Secq, in an album in which several portraits of Le Gray figure, suggests that Le Gray, Mestral, and others were photographing each other around this time using paper negatives in a trial-and-error method that would lead to Le Gray first treatise." Eugénia Parry Janis,  The photography of Gustave Le Gray , The Art of Institute of Chicago and the University of Chicago Press, Chicago, 1987, p.169.

[6] Joseph Maria Eder, History of Photography, Dover, New York, 1972, réédition traduite par E. Epstean, p. 345.

[7] Les tirages de Fontainebleau ne sont pas datés généralement par l'auteur. On possède un rare indice pour une vue, grâce à un article de Paul Périer dans La Lumière en 1855, p. 228 : "C'est un coin de la Futaie du Bas-Bréau, fait également en 1852, sur papier ciré. Encore un des premiers essais tentés en forêt et réussis dans les conditions les plus défavorables, c'est-à-dire entièrement sous bois et dans l'ombre."

[8] Weston J. Naef, op. cit., p. 19. L'auteur justifie son hypothèse : "On arrive à cette conclusion par une déduction logique. Il est admis que c'est à cause du chlorure d'or mélangé à une solution acide que les photographies se décolorent et, puisqu'aucune épreuve richement colorée réalisée par Le Gray avant 1852 n'a été parfaitement identifiée, c'est sans doute parce que Le Gray utilisait la mauvaise formule à base d'acide."

[9] Note sur un nouveau mode de préparation du papier photographique négatif, Comptes-rendus de l'Académie des Sciences, vol. XXXIII, Paris, 8 décembre 1851, p. 643-644.

[10] Francis Wey, "De L'influence de l'héliographie sur les beaux-arts", La Lumière, 9 février 1851, p. 2.

[11] Joseph Maria Eder, Die Photographie mit dem Kollodiumverfahren, W. Knapp, Halle, 1927, p. 5. Eder évoque part ailleurs une anecdote étonnante, qui joua en défaveur de Le Gray : dans le traité de 1852, le photographe a voulu écrire qu'il a découvert le procédé avant M. Archer. Hors l'ouvrier de l'imprimerie a lu avant de marcher, et l'a transcrit tel quel, page 90 du traité. La nouvelle signification était fort éloignée de l'intention originale… Nous avons d'ailleurs bien observé cette erreur dans une édition originale du traité de 1852, p. 90 : "On a fait de cela une arme contre moi, pour dire que les premiers essais, avant de marcher, avaient été sûrement infructueux, puisqu'ils n'avaient eu aucun retentissement."

[12] "Question des papiers", La Lumière, 30 mars 1851, p. 29.

[13] "Question des papiers", La Lumière, 20 avril 1851, p. 42.

[14] Fabre, "Héliographie sur papier ciré", La Lumière, 27 avril 1851, p. 47.

[15] Le Gray, La Lumière, 15 décembre 1851, p. 10.

[16] "Au cours de son voyage en Touraine et en Aquitaine, il n'est pas rare que Le Gray fasse dans la journée vingt-cinq à trente épreuves avec ce procédé [papier ciré sec]." Bernard Marbot, A l'origine de la photographie. Le calotype au passé et au présent, Bibliothèque Nationale, Paris, 1979, p. 11.

[17] Cogeval Guy, Mondenard Anne (de), Walusinski Gilles, Photographier l'architecture 1851-1920. Collection du Musée des Monuments Français, Réunion des musées nationaux, Paris, 1994, p. 34.

[18] Eugénia Parry Janis, op. cit., p. 30.

[19] Fabre, "Correspondances", La Lumière, 7 février 1852, p. 27.

[20] Le Gray, "Correspondances", La Lumière, 14 février 1852, p. 32.

[21] Le Gray, La Lumière, 5 juin 1852, p. 95.

[22] Eugénia Parry Janis, The art of french calotype, with a critical dictionnary of photographers, 1845-1870, Princeton University Press, Princeton, 1983, p. 203. Il faut y rajouter les noms de La Blanchère, Laborde, Adrien Tournachon, Nègre, Latreille, Bilordeaux et Colliau.

[23] Jammes Isabelle, Blanquart-Evrard et les origines de l’édition photographique française, Librairie Droz, Genève, 1981, p. 118. "Le Gray affichait d'ailleurs quelque dédain pour l'éditeur lillois qu'il traitait "d'honorable amateur". Il désirait se démarquer de son rival du Nord, notamment dans sa conception du tirage. Au principe du tirage industriel, c'est-à-dire rapide, en grand nombre et à bon marché des épreuves, ce que Blanquart-Evrard pouvait exprimer par ces mots "amener la photographie à l'industrie", Le Gray oppose la qualité et la perfection d'une épreuve...".

[24] Bernard Marbot, Le corps et son image. Photographies du XIXème siècle, Contrejour, Paris, 1986, p. 133. L'auteur ajoute au sujet du portrait : "En outre, la technique un peu vaporeuse du calotype s'accorde bien avec la personnalité assez brumeuse du futur souverain et avec l'étrangeté de son regard…".

[25] "En tant que portraitiste, Le Gray était vraiment téméraire, même novateur dans l'usage de dégradés et d'un style de tirage extrêmement doux, qui faisait ressembler les images à des lithographies, caractéristique que Lacan mit en évidence quand il souligna la monotonie de ces portraits." Weston J. Naef, op. cit., p. 54.

[26] Marc Antoine Gaudin, "Visite à l'atelier de M. Le Gray", La Lumière, 10 décembre 1853, p. 198.

[27] Mondenard Anne (de), Edouard Baldus, photographe : le guide de l'exposition, 17 janvier -15 avril 1996, Caisse nationale des monuments historiques et des sites, Paris, 1996, p.3.

[28] Françoise Heilbrun évoque cette amitié : "En effet Nadar était très lié à Le Gray (le ton de leur rare correspondance en fait foi), et si lui qui n'aborde la photographie qu'en 1854, donc après la commande de la Mission héliographique, connaît Le Gray, ce n'est pas comme paysagiste - domaine qui constitue un des sommets de l'art de ce dernier - mais comme remarquable technicien et aussi comme portraitiste - l'aspect le plus médiocre de sa production, qui lui valut cependant une grande réputation autour de 1855, alors qu'il dirigeait un atelier mondain, boulevard des Capucines, endroit alors très à la mode." Dans Edouard Baldus, photographe, Réunion des musées nationaux, Paris, 1994, p.15.

[29] La Lumière, 24 juin (p. 99), 22 juillet (p. 115), 5 août (p. 123), 19 août (p. 132).

[30] Bulletins de la Société française de photographie, année 1855, p. 4.

[31] Bulletin de la Société française de photographie, année 1855, p. 184.

[32] Eugénia Parry Janis, The photography of Gustave Le Gray , The Art of Institute of Chicago and the University of Chicago Press, Chicago, 1987, p. 172.

[33] Dans Annuaire général du commerce, de l'industrie, de la magistrature et de l'administration, Almanach des 500 000 adresses, Firmin Didot, Paris, 1856, rubrique Le Gray.

[34] Pour exemple, voir G. M. Campbell, "Collodion on Paper", Journal of the Photographic Society of London, vol. II, Arthur Henfrey, London, 1856.

[35] Comme le rappelle Pierre-Jean Amar dans La photographie histoire d'un art, Edisud, Aix-en-Provence, 1993, p. 54.

[36] Pour Helmut Gernsheim, cette méthode a été inventée par Hippolyte Bayard en 1852 (Creative Photography. Aesthetic Trends 1839-1960, Faber and Faber Limited, London, 1962, p. 42). Cependant, c'est bien Le Gray qui démocratise cette méthode à partir de 1857 à travers l'exposition de ses marines, parmi les photographes de l'époque. André Rouillé note que Le Gray et Maxwell Lyte utilisent déjà cette méthode en 1853 (La photographie en France. Textes et controverses : une anthologie 1816-1871, Macula, Paris, 1979, p. 492).

[37] Cependant Le Gray ne possédera jamais  un esprit commercial, du fait de ses opinions sur la photographie. "L'attitude de Disdéri contraste avec celle de quelques autres portraitistes parisiens de l'époque : celle de Gustave Le Gray, attaché au passé et à une mythologie de l'artiste mais obligé d'abandonner ses activités en 1860…" André Rouillé, Histoire de la photographie, Larousse-Bordas, Paris, 1998.

[38] Bulletins de la Société française de photographie, année 1857, p. 320.

 

 

[39] Eugénia Parry Janis, The art of french calotype, with a critical dictionnary of photographers, 1845-1870, Princeton University Press, Princeton, 1983, p. 204.

[40] Apraxine Pierre, Mondenard Anne de, Therond Roger, Une passion française. Photographies de la collection Roger Therond, Filipacchi, Paris, 1999, p. 312 et 319.

[41] Dans 150 ans de Photographie française, Photo Revue publications, Paris, 1979, Yvan Christ parle de 1882 (p. 33), alors que Marcel Bovis évoque l'année 1862 (p. 132). Helmut Gernsheim statue aussi sur cette année 1862 en notant la mort de Le Gray suite à l'épisode de la chute de cheval ( op. cit., p. 240). Or l'année 1862 ne peut être assimilée à l'année de la mort de Le Gray, ne serait-ce que parce que Le Gray figure sur le catalogue de l'Exposition Universelle à Paris de 1867, dans la section égyptienne. Eugénia Parry Janis donne donc l'année la plus probable du décès de Le Gray, d'après l'œuvre de Nadar, et son long chapitre sur Le Gray : "Mais la malchance semblait s'acharner sur Le Gray. Il eut une jambe brisée par un accident de cheval et finalement il mourut vers 1882 dans une détresse assurément imméritée." (Nadar, Quand j'étais photographe, réédition, Actes Sud, Paris, 1998, p. 96). Dans le catalogue de l'exposition Photographier l'architecture 1851-1920. Collection du Musée des Monuments Français (Réunion des musées nationaux, Paris, 1994), on trouve dans la biographie de Le Gray l'année 1884 comme étant celle de son décès, p. 238.

[42] Liste obtenue dans Auer Michèle et Michel, Encyclopédie internationale des photographes de 1839 à nos jours, Camera Obscura, Hermance, 1985, n. p., rubrique Le Gray.